
Porsche a mis les petits plats dans les grands pour sa version musclée du Cayman. A l'excellent comportement routier, naturellement dû à la position centrale du Flat 6, qui autorise des passages en courbe impeccables, s'ajoute un châssis abaissé de 20 mm, par rapport au Cayman S, avec des barres anti-roulis renforcées. Le différentiel auto-bloquant, également de série, optimise la tenue de route sur sol irrégulier, et en phase d'accélération (22% de blocage) ou de décélération (27% de blocage), quand on attaque dans les courbes, pour en découdre avec l'asphalte. Le différentiel arrière à glissement limité, de série -en option sur les autres Cayman de la gamme pour 1136 euros-, autorise même les "petits bricolos du volant" des passages en courbe époustouflants, offrant, un instant, la délicieuse illusion qu'on est un pilote de course hors pair. Une tenue de route très homogène et équilibrée, même à haute vitesse dans les courbes ; c'est que l'animal en redemande ! L'aileron fixe, un peu à la mode GT3, qui permet de gagner encore en appui pour repousser les limites de la physique. Et comme on a l'amour du travail bien fait, chez Porsche, on a pensé à coupler le PSM (avec ABS 8.0 et ABD de série) avec le Pack Sport Chrono ; en mode sportif la suspension est plus radicale et plus directe.
Doté d'un châssis sport particulièrement réussi, qui rabaisse la hauteur de caisse de 20 mm, le Cayman R est paré pour le pilotage sur piste ; il sera à la hauteur des pieds les plus aiguisés et des mains les plus habiles. Un des secrets de fabrication du châssis est qu'il jouit d'un réglage spécifique, plus typé sport. Les amortisseurs et les ressorts sont plus courts que sur le Cayman S. Même si le châssis renonce au confort du PASM, le niveau élevé de rigidité de torsion de la caisse permet de réunir confort et dynamisme. La résistance des ressorts a été portée à 30 Nm sur l'avant et à 43 Nm sur l'arrière. Les barres stabilisatrices ont été modifiées, celles de l'arrière sont plus longues, que sur la version S, pour réduire le sous-virage et compenser l'action du différentiel arrière, dans les virages secs. Pour mieux repousser les limites de la physique le différentiel arrière à glissement limité est de série sur le Cayman R. Belle performance des ingénieurs qui ont façonné le châssis, très équilibré et très stable dans les courbes les plus farouches. Il ne manquait plus que les jantes plus larges, en 8,5J et 10J. C'est chose faite, nous sommes sur du 19 pouces (plus large d'un demi pouce que les 19 P dispos en option sur le Cayman S). La très grosse cerise, sur le croco vert Péridot, eût été le PCCB, ultra sportif ; mais un cadeau supplémentaire de 8000 euros aurait fait encore grimper la note, de manière conséquente et, on se serait ainsi trop rapprocher du prix de vente d'une mythique 911.